Inscrire nos plus belles pièces contemporaines dans les arts traditionnels

Inscrire nos plus belles pièces contemporaines dans les arts traditionnels

Nous nous sommes rendus au magasin de Nihonbashi pour écouter Chisato Kumakura, directrice générale et responsable des ventes et du marketing du magasin HANASHYO, fabriquant de verre taillé Edo kiriko. « Nous avons des clients étrangers qui viennent voir le magasin parce qu’ils se sont fait offrir nos produits par des amis japonais. Il y en a aussi beaucoup qui ont découvert des kiriko d’autres fabriquants dans les restaurants de sushi, et ont fait des recherches pour nous trouver. »

Chez HANASHYO, le verre est taillé avec une précision inégalée, permettant une large palette de motifs, ce qui explique sa grande popularité. « Les machines utilisées aujourd’hui ne sont évidemment plus les mêmes que par le passé, et les techniques ont changé aussi. Mais surtout, la sensibilité des gens a évolué. Notre objectif, c’est de produire la meilleure qualité possible avec les moyens actuels. Par exemple, le motif traditionnel Kiku tsunagi – (lien de chrysanthème), est maintenant appelé Itogiku tsunagi – (lien-fil de chrysanthème), car il est réalisé de façon encore plus minutieuse. Pourquoi ne pas inscrire les plus belles pièces contemporaines dans les arts traditionnels? La tradition ne se limite pas à reproduire un héritage. »

HANASHYO maîtrise entièrement son activité, du design à la production, en passant par la direction de l’entreprise et les ventes, sans aucun recours à des prestataires extérieurs. Par ailleurs, les artisans et le personnel du magasin sont tous recrutés parmi les élèves de l’école d’Edo kiriko créée par HANASHYO.
« Nous avons mis ce système en place car nous voulons faire travailler des gens passionnés. Il est essentiel que les personnes qui s’occupent de la vente connaissent parfaitement le produit. Comme notre entreprise englobe la fabrication et la vente au détail, aux côtés des artisans, nous offrons un service complet, qui couvre, encore une fois, la production, la vente directe et la formation. Il ne faut pas oublier qu’Edo kiriko existe grâce à sa clientèle. C’est pour ça qu’on insiste sur la communication directe, même avec les artisans. Cette approche est devenue rare. On me conseille souvent de confier la partie commerciale à quelqu’un d’extérieur, mais ce serait baisser en qualité de communication, et empêcher notre tradition d’évoluer. Et puis, les échanges avec la clientèle sont riches d’enseignement. Et je l’en remercie! », dit-elle avec un sourire.