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[La nouvelle génération prend le relais] La vision de Hironori Kamei, responsable de la teinture chez Murata Dyeing INDUSTRY (KOSOEN)
2026.03.05
FASHIONAu sein de la teinturerie Murata Dyeing INDUSTRY, qui exploite l’atelier de teinture à l’indigo KOSOEN à Ome, dans la Métropole de Tokyo, Hironori Kamei — aujourd’hui dans sa neuvième année au sein de l’entreprise — dirige une équipe de six artisans teinturiers en tant que responsable de la teinture. En mai 2025, après le départ d’un artisan expérimenté ayant créé son propre atelier, il a commencé à superviser l’ensemble du processus, de la planification des teintures à la gestion du personnel et à la coordination des étapes de production. Outre son expertise technique en teinture à l’indigo, il doit désormais relever les défis propres à l’encadrement et à la formation des artisans. Refusant de se satisfaire du statu quo et aspirant sans cesse à des standards plus élevés, Kamei nous a parlé des satisfactions que lui procure son métier et de la profondeur fascinante de la teinture à l’indigo.
Kamei est entré dans l’univers de l’indigo à travers ses études universitaires consacrées à la fermentation dans le cadre de la culture alimentaire. Si la fermentation évoque généralement le saké ou le miso, le sukumo — matière première de la teinture à l’indigo — est lui aussi obtenu grâce à l’action lente des micro-organismes au fil du temps. Intrigué par le sukumo, Kamei s’est rendu dans la préfecture de Tokushima durant sa quatrième année d’université afin de se former auprès du teinturier Osamu Nii et d’expérimenter lui-même la fabrication du sukumo.
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Environ quarante ans auparavant, Noriyuki Murata, maître artisan de KOSOEN, s’était lui aussi formé auprès de Nii. Ce lien inattendu a conduit Kamei — bien qu’il n’ait aucune expérience préalable en teinture — à rejoindre la teinturerie Murata Dyeing INDUSTRY dès l’obtention de son diplôme universitaire.
KOSOEN est l’un des rares ateliers au Japon à perpétuer la méthode de fermentation naturelle à l’indigo et à la cendre alcaline, qui a connu son apogée à l’époque d’Edo. L’atelier recherche des nuances d’indigo d’une grande beauté, alliant transparence et profondeur — des qualités impossibles à reproduire avec des colorants chimiques.
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Après son arrivée, Kamei était convaincu que l’on ne progresse pas en attendant simplement d’être formé. Il a donc sollicité activement les artisans plus expérimentés, posant des questions et dissipant ses doutes un à un. Il a rapidement commencé à préparer lui-même les cuves d’indigo — en fermentant le sukumo pour créer le bain de teinture — et a développé ses compétences étape par étape, passant des teintures unies aux dégradés. Aujourd’hui, en tant que responsable de la teinture encadrant six artisans, il assure la formation des plus jeunes tout en gérant les effectifs et les plannings, franchissant ainsi une étape majeure dans son parcours professionnel.
« Ici, chacun assume de nombreuses responsabilités, et l’état de fermentation diffère d’une cuve à l’autre », explique-t-il. « Il est essentiel de comprendre la situation de travail de chacun et le déroulement de la journée. Lorsque j’ai rejoint l’atelier, il y régnait une certaine tension propre au monde des artisans. Aujourd’hui, je m’efforce de créer une atmosphère où chacun peut exprimer librement son opinion. »
Cette approche trouve son origine dans une expérience difficile vécue lors de sa troisième année. Chargé d’une commande de teinture en dégradé pour une marque, Kamei a produit un résultat irrégulier en raison d’un manque de communication avec un artisan. Cette expérience lui a fait prendre pleinement conscience de son inexpérience. Déterminé à ne pas répéter cette erreur, il s’attache désormais à offrir un accompagnement attentif afin que les jeunes artisans ne se heurtent pas aux mêmes obstacles. En tant que responsable, il évalue soigneusement les aptitudes de chacun et répartit les rôles en conséquence, améliorant ainsi la précision globale du travail en atelier.
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Toshiyuki Murata, président de quatrième génération de la teinturerie Murata Dyeing INDUSTRY, accorde une grande confiance à Kamei. Autrefois, les artisans ayant acquis une certaine expérience avaient tendance à s’installer à leur compte, laissant l’organisation sans véritable couche intermédiaire. De plus, si ces artisans indépendants étaient contraints de cesser leur activité, les techniques traditionnelles qu’ils avaient développées risquaient de disparaître. Soucieux de cette situation, Murata a décidé de préserver ces savoir-faire au sein de l’entreprise. Il a amélioré les conditions de travail afin que les artisans puissent s’inscrire dans la durée et a mis en place un environnement leur permettant de relever de nouveaux défis sans avoir à devenir indépendants. Sous l’influence de cette philosophie, la vision de Kamei a elle aussi évolué.
« À mes débuts, j’envisageais moi aussi de m’installer à mon compte. Aujourd’hui, mon objectif principal est de faire découvrir à un plus grand nombre la beauté du bleu indigo de KOSOEN. J’améliore l’organisation du travail pour gagner en efficacité et je lave régulièrement les couvercles des cuves, tout en expérimentant progressivement ce qui me semble bénéfique pour les micro-organismes, afin de stabiliser la fermentation », dit-il.
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Il y a deux ans, Kamei a été sélectionné comme membre fondateur d’une ligne de teinture végétale et s’est confronté à des techniques différentes de celles de la teinture à l’indigo. Il explique cependant que cette expérience lui a permis de redécouvrir le plaisir et la profondeur propres à l’indigo.
« Ce que nous protégeons, c’est une teinture à l’indigo authentique, héritée de l’époque d’Edo et réalisée à partir de matériaux naturels. Pouvoir bénéficier de la sagesse et de l’expérience accumulées par nos prédécesseurs et donner naissance à cette couleur magnifique sont une source de fierté. C’est cette fierté qui donne aujourd’hui tout son sens à mon travail », explique-t-il.
Au sein de Murata Dyeing INDUSTRY, de jeunes artisans teinturiers comme Kamei jouent désormais un rôle central, transmettant aux générations suivantes les techniques héritées tout en explorant de nouvelles expressions ancrées dans la tradition, comme l’application de la teinture à l’indigo sur des matériaux tels que le bois ou la pierre.
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« La nouvelle génération prend le relais » est une série consacrée aux jeunes artisans et employés qui assurent la transmission des savoir-faire traditionnels perpétués à Tokyo depuis des générations. Chaque épisode explore les raisons qui les ont poussés à suivre cette voie, la nature de leur travail, et leur vision de l’avenir.